(-: Geekerie, logiciel libre et vilain gauchisme

La france qui regarde en bas

J’entendais tout à l’heure des gens se plaindre de la grève à venir pour la défense des régimes spéciaux de retraite. En soit, je trouve ça plutôt naturel, puisqu’un bon nombre de personnes va éprouver de réelles difficultés pour se déplacer à cette occasion.

Ce qui me paraît étrange, c’est l’argument qui revient souvent accompagner ces discours : « ils feraient mieux de regarder la vrai misère à côté d’eux », ou encore « il y a des beaucoup moins privilégiés qu’eux et qui se plaignent moins », …

Et pourquoi, plutôt que de regarder la misère des voisins dans l’unique but de se satisfaire de nos conditions, ne regarderait-on pas un peu ce qui se passe en haut ? Que penserait-on alors de l’explosion des plus grosses fortunes depuis dix ans, comparé à nos salaires en stagnation ? Que penserait-on des allégements d’impôt accordés récemment aux plus fortunés, alors que la pression fiscale est toujours aussi forte sur les petits revenus ? Que penserait-on de revenus 27000 fois plus élevés que le salaire minimum ? Celui qui touche de tels revenus apporte-il 27000 fois plus à la société qu’un smicard ? Que penserait-on d’un président qui s’augmente de 172% d’une année sur l’autre, alors que le pouvoir d’achat des fonctionnaires diminue d’année en année ?

À force de se comparer seulement à nos voisins, on en arrive à trouver anormal leurs petits avantages, et à ne plus voir les avantages démesurés accordés à ceux qui sont plus loin dans l’échelle social.

Commençons par abolir les plus gros privilèges, après on pourra penser aux petits privilèges des autres.